Sur la rive gauche de la Semois, l’ancien cimetière de Mortehan présente un aspect très pittoresque qui naît de l’articulation harmonieuse de la petite prairie délimitée par un muret de schiste sur trois côtés avec la plaine de Mortehan sillonnée par un méandre de la rivière. L’espace enclos est agrémenté de quelques arbres, peut-être issus d’une génération spontanée et planté de monuments funéraires de guingois. L’ancien espace funéraire entourait jadis une chapelle, sans doute paroissiale, à quelque distance du cours d’eau, ainsi qu’il ressort de la carte de Ferraris. Le cours de la Semois, qui formait encore au XVIIIe siècle une ligne droite devant le hameau, s’est fort modifié dans cette zone, de sorte que l’ancienne chapelle et son cimetière ont dû être mis en péril, voire disparaître. La nouvelle église paroissiale, plus en hauteur dans le hameau, date de 1840 et a manifestement relayé l’ancienne chapelle disparue. Le cimetière s’est trouvé désaffecté dès 1899, comme beaucoup d’autres sous l’influence des mesures hygiénistes de la fin du XIXe siècle. Les stèles en schiste qui subsistent au cimetière de Mortehan datent pour la plupart du XIXe siècle, plus généralement de la seconde moitié. Elles se rattachent pour leur quasi-totalité à quelques types répétitifs : soit une stèle rectangulaire, dont les épaules s’évasent dans la partie supérieure vers un couronnement en forme de croix, soit une stèle qui s’amincit en arc brisé de type néo-gothique, soit encore à partie supérieure cintrée sur colonnettes. Les pierres tombales les plus anciennes qui soient renseignées sont celle d’un curé (1747) et celle de Nicolas Fasseau, garde général des Bois Nationaux (an 7, soit 1798). De même, une croix en calcaire bajocien du XVIIe siècle, mise au jour en 1993, appartiendrait au précédent cimetière.
Classement comme monument (croix et mur) et comme site le 20 novembre 1972