Situées en léger retrait et en contrehaut de la voirie, ces deux anciennes fermettes n’en formant plus qu’une actuellement, ont été édifiées en schiste et couvertes par une ample bâtière ardoisée de faible pente. L’une est restée pratiquement inchangée et conserve encore une partie de son badigeon blanchâtre. À l’opposé, le logis de l’autre ferme a été transformé en une habitation de trois niveaux sur cave durant la première moitié du XXe siècle, induisant des modifications au niveau de la couverture (bâtière perpendiculaire) et des étables (investies par l’habitat). Le bien conserve encore d’heureux éléments caractéristiques du bâti rural de l’Ardenne centrale et des bords de la Semois en particulier. En effet, la ferme qui use du relief pour se protéger des intempéries, est implantée en léger retrait de la voirie et partage cette parcelle particulièrement adéquate avec une propriété attenante. Cet édifice typique – qui conserve des reliquats d’enduit ancien en façade – abritait sous le même toit les hommes, les bêtes et la récolte. Le tout est protégé par une ample bâtière unique à faibles pans et équipé vers la rue d’un auvent à poteaux de bois qui forme un portique caractéristique dans la région. Il servait d’aire de rangement, de stabulation du bétail et de séchage pour le tabac. Tant l’auvent que la toiture sont partagés avec la ferme voisine. À droite, le logis forme un ressaut et ferme le portique. Il est légèrement surélevé et ménage une cave semi-enterrée. La cave est accessible par une simple porte en bois à linteau droit et est percée en façade par une sobre prise de lumière. Le logis est typiquement éclairé dans son vaste pignon par des fenêtres rectangulaires, remaniées au XIXe siècle, avec linteau droit en pierre calcaire et piédroits en briques. La porte du logis partage son piédroit avec celui de la porte charretière de la grange. Cette dernière est simple, avec un encadrement et un linteau droit en bois. Elle conserve dans ses battants, des prises d’air et de lumière dont une fait également office de guichet de poulailler. L’étable prenait place dans le prolongement du couloir charretier.

Classement comme monument (ferme au no 30) le 20 novembre 1972

  • Source: AWaP