Typiquement rural, le lavoir est l’endroit où l’on vient exclusivement laver son linge. Il participe à la vie courante de la communauté paysanne et occupe une place importante au sein du village ; il était le lieu de rendez-vous des lavandières qui, contrairement à une représentation très répandue, s’y rendaient le plus souvent pour rincer le linge et non le laver. Beaucoup de ces lavoirs n’ont malheureusement pas survécu à l’invention des machines électriques mais plusieurs d’entre eux restent aujourd’hui des témoins d’une époque révolue. L’Ardenne et la Lorraine et leurs villages traditionnels conservent un nombre conséquent de lavoirs. La forte concentration de lavoirs dans la province du Luxembourg a également une explication historique. En effet, en 1866, une épidémie de choléra envahit la province et incite les autorités publiques à prendre des mesures en faveur d’une amélioration de l’hygiène des populations. La construction des lavoirs permet ainsi d’améliorer les conditions de nettoyage du linge, ce dernier étant auparavant lavé dans les rivières, les ruisseaux ou les mares qui étaient également le lieu de nettoyage du matériel agricole. Plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui protégés par une mesure de classement, dont cinq dans la commune de Chiny. C’est le cas de celui d’Izel qui est également un des plus beaux de la région. Cette construction soignée a été bâtie en calcaire lorrain, un matériau traditionnel de la région et souvent appelé pierre de France. Édifié en 1869 en style néoclassique, il comprend six hautes fenêtres en façade et deux en façades latérales. Un bandeau sert d’appui à ces baies à arc en plein cintre et clé saillante. Des pilastres corniers sont présents aux angles de l’édifice, également doté d’un entablement et d’une corniche moulurée. Au centre, un petit fronton sommé de volutes est piqué d’une lyre en fer forgé, symbole de la nouvelle destination du lavoir qui, après avoir accueilli les lavandières, fut reconverti un temps pour accueillir l’Harmonie royale Cæcilia. Véritable exemple de reconversion patrimoniale, le bâtiment accueille depuis le syndicat d’initiative. L’édifice est protégé par une bâtière d’ardoises à croupe dotée de deux lucarnes placées de part et d’autre du fronton. En façade, au niveau du soubassement, on aperçoit un ancien abreuvoir qui accueille aujourd’hui des plantations.
Classement comme monument le 4 mars 1983