Typiquement rural, le lavoir est l’endroit où l’on vient exclusivement laver son linge. Il participe à la vie courante de la communauté paysanne et occupe une place importante au sein du village ; il était le lieu de rendez-vous des lavandières qui, contrairement à une représentation très répandue, s’y rendaient le plus souvent pour rincer le linge et non le laver. Beaucoup de ces lavoirs n’ont malheureusement pas survécu à l’invention des machines électriques mais plusieurs d’entre eux restent aujourd’hui des témoins d’une époque révolue. L’Ardenne et la Lorraine et leurs villages traditionnels conservent un nombre conséquent de lavoirs. La forte concentration de lavoirs dans la province du Luxembourg a également une explication historique. En effet, en 1866, une épidémie de choléra envahit la province et incite les autorités publiques à prendre des mesures en faveur d’une amélioration de l’hygiène des populations. La construction des lavoirs permet ainsi d’améliorer les conditions de nettoyage du linge, ce dernier étant auparavant lavé dans les rivières, les ruisseaux ou les mares qui étaient également le lieu de nettoyage du matériel agricole. Plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui protégés par une mesure de classement. C’est le cas de celui de Bellefontaine, remarquable à plus d’un titre. On y perçoit une certaine ambiance Belle Époque en admirant ce lavoir en cave-haute érigé en 1872-1873 en moellons sous enduit et calcaire. Il présente une façade en trois parties délimitée par des chaînes d’angle. Au centre se place un porche médian en portique sous bâtière, agrémenté de piliers en bossages dont les arêtes sont émoussées et qui supporte un pseudo-entablement surmonté d’un pignon ouvert d’une baie en quatrefeuilles. Les degrés rentrants sont protégés par des garde-corps en fer forgé en forme d’ailerons. De part et d’autre du porche, deux fenêtres éclairent l’édifice. Le lavoir est protégé par une bâtière d’ardoises dont l’entièreté du périmètre est dotée de bordures métalliques en lambrequins d’arceaux et de gouttes. Enfin, au mur-pignon gauche, on trouve un abreuvoir de calcaire qui servait autrefois à faire boire le bétail et les chevaux. Souvent point d’eau principal des villages, le lavoir était en effet fréquemment doté d’abreuvoirs.

Classement comme monument le 24 octobre 1990

  • Source: AWaP