Siège d’une importante seigneurie sous l’Ancien Régime, Bohan présente de nos jours une physionomie principalement héritée des XIXe et XXe siècles. Tassé à l’extérieur d’un méandre de la Semois, le village affiche un habitat très dense lié au développement d’une clouterie qui connut son apogée entre 1870 et 1880. Sur la place du village trône l’édifice le plus ancien de Bohan, la maison du Marichau. Elle tient son nom au fait que le maréchal-ferrant Petitjean l’a acquise en 1859. Le bien est resté dans sa famille jusqu’en 1992 avant de changer de mains à deux reprises. Depuis 2004, elle est propriété de la commune de Vresse-sur-Semois. Située quelque peu en retrait de la voirie, elle remonte probablement au XVIIIe siècle, mais a été remaniée par Petitjean au siècle suivant. Elle affiche un étage en pans-de-bois, typique de l’architecture rurale d’autrefois. Les pans-de-bois, terme technique définissant un ensemble de pièces de charpente assemblées dans un même plan, sont indifféremment appelés colombages. Ceux-ci peuvent prendre diverses formes : à grille, en croix de Saint-André ou, comme ici, en quadrillage. Les poteaux de bois sont remplis de hourdis en torchis, en plâtre ou, comme ici, en briques. L’étage de la maison du Marichau est en encorbellement, c’est-à-dire en léger retrait par rapport au rez-de-chaussée. Le mur-pignon de façade, situé côté place, présente deux niveaux et demi d’ouvertures rectangulaires à encadrement de bois. La maison est protégée par une bâtière débordante de faisiaux. Il s’agit de déchets de carrières d’ardoises, récupérés autrefois pour couvrir les toits des habitations. Cette pratique ancestrale était propre à la vallée de la Semois.

Classement comme monument le 28 mai 1973

  • Source: Agence wallonne du Patrimoine