Élément représentatif du milieu rural, l’abreuvoir public était autrefois très présent dans nos villages. Certains en possédaient même dans chaque rue. Chose rare, le village de Laforêt conserve encore deux témoins. Jadis, tout paysan savait qu’il pouvait y mener son bétail deux fois par jour. Ils étaient entretenus par les fermiers ou la commune et pouvaient également être employés pour des besoins domestiques ou le lavage. Ils étaient aussi parfois annexés à d’autres types de fontaines (pompes, lavoirs et autres puits). Chaque région possédait ses caractéristiques architecturales propres ainsi que ses matériaux locaux. Dans le sud de la Belgique, les abreuvoirs circulaires sont la marque de l’Ardenne Centrale ; à Laforêt, ils sont même activés par des bornes-fontaines. La plupart des témoins conservés ont été asséchés, transformés en parterres de fleurs et servent d’ornement. Cela n’est pas le cas des exemplaires de Laforêt dans lesquels coule toujours de l’eau. L’exemplaire situé dans la rue Sainte-Agathe se place au centre d’une placette triangulaire et pavée, au sommet du village. De forme circulaire et taillé dans la pierre bleue, il est terminé par un bac de lavoir. Tous deux ont été bâtis au XIXe siècle. L’intérieur de l’abreuvoir est badigeonné de ciment hydrofugé. L’arrivée de l’eau se fait par un col de cygne en plastique qui a remplacé malheureusement l’ancien en fonte disparu lors des travaux d’étanchéité des conduites réalisés en 2018. Anciennement l’eau provenait d’une source se situant dans le lieu-dit des Conquelles, mais, aujourd’hui, elle est issue du trop-plein du château d’eau. Autrefois, il s’agissait d’un des endroits les plus fréquentés de la localité. Sur le rebord de l’abreuvoir, on observe un personnage nommé pépé Crochet assis sur le rebord de l’abreuvoir à droite du col de cygne. Celui-ci fait partie de la promenade des légendes.
Classement comme monument et comme site le 18 août 1982