Un lieu de culte, dédié au très populaire saint Hubert, patron de l’Ardenne, est mentionné à Mortehan au XVIIe siècle. Il se trouvait non loin d’ici, au bout de la rue de la Semois, au bord de la rivière. À cette époque, le cours d’eau coule en ligne droite le long du hameau. Ce cours s’est par la suite modifié dans cette zone, ce qui a mis en péril l’existence de la chapelle, menacée d’inondation. Cette église apparait sur la célèbre carte de Ferraris, établie entre 1770 et 1778 mais n’apparaît plus sur la carte de Vandermaelen, datant de 1850. Un nouveau lieu de culte, de style néoclassique, a en effet été construit plus haut en 1840. Le site de l’ancienne église, aujourd’hui classé, abrite encore l’ancien cimetière. La nouvelle église a été bâtie au moyen de matériaux locaux, typiques de l’Ardenne : le schiste et l’ardoise. La courte nef et le chœur à trois pans, prolongés par une petite sacristie, ont ainsi été érigés au moyen de cette roche d’aspect feuilleté qui se débite en plaques fines. Le soubassement, la façade méridionale de la nef, la façade méridionale du chœur et la sacristie ont été couverts d’un badigeon blanc. La façade principale, le clocher et la façade méridionale de la nef et du chœur, plus exposés aux intempéries, sont entièrement essentés d’ardoises. L’essentage est une caractéristique architecturale qui allie l’aspect décoratif à l’utilitaire. Cette pratique consiste à recouvrir les façades d’ardoises qui, parfois, peuvent former des motifs comme c’est le cas pour cette église. Le but était de protéger le bâtiment des pluies et de lui offrir un bouclier thermique qui limite les pertes de chaleur vers l’extérieur. Cela nécessite une structure sous-jacente reposant sur des sommiers. Cet essentage a été entièrement rénové au début des années 2000. D’aspect très simple, l’église est accessible par un portail mouluré en façade et éclaire par des baies cintrées, une au pignon de la façade et quatre pour chaque côté de le nef. Le clocheton sur base carrée qui surmonte la façade-pignon est percé de quatre ouïes cintrées. Il est surmonté d’une terminaison pyramidale piquée d’une croix et d’un coq en fer forgé.

Classement comme monument le 26 novembre 1973

  • Source: AWaP